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« Archives de la diversité humaine », l’expo permanente du musée Ethnographique de Genève

Juste derrière plainpalais, très bien desservi (trams 12 et 15, bus 2,19, 1 et 32), le musée d’ethnographie de Genève (ou MEG pour les intimes) est donc très accessible et ouvert du mardi au dimanche de 11H à 18H (fermé les 25/12 et 01/01). Nous y sommes allés un dimanche en début d’après midi, il n’y avait pas beaucoup de monde.
« Archives de la diversité humaine » est le nom de l’exposition permanente, qui reste gratuite toute l’année. Cependant, le musée propose des expositions temporaires qui, elles, ont un accès payant. Ce jour là, il n’y avait pas d’exposition temporaire, pour information, la prochaine intitulée « L’effet boomerang » commencera le 19 mai prochain (jusqu’au 7 janvier 2018) et sera sur le thème des aborigènes d’Australie.
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Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir l’exposition permanente qui se présente dans une unique pièce. Elle retrace l’histoire de l’espèce humaine à travers les objets du quotidien ou de ses événements qui ont fait sa vie.
L’espace est divisé en sept espaces (un plan très ludique, compréhensible même par les enfants, est disponible gratuitement à l’accueil) :
– l’entrée, une sorte d’introduction avec les plus beaux objets
– l’Asie
– les Amériques
– l’Europe
– l’Afrique
– l’Océanie
– une chambre sonore

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Après être passés à l’accueil, nous empruntons les escaliers menant au vestiaires (prévoyez 1CHF ou 1euro pour pouvoir fermer à clé votre casier, vous le récupérez à la fin). Une fois délestés de vos manteaux, prenez les escaliers menant enfin à l’expo.
A l’entrée, une partie de la pièce est mise à l’écart grâce à un grand écran avec des vagues. En son centre, un îlot sur lesquels sont présentés des objets de tous les continents. Vaisselle, objets religieux ou encore mystiques. J’ai été particulièrement attirée par cet autel avec les trois Buddhas, un magnifique éléphant en étain (il me semble) orné de magnifiques et petites sculptures.

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Un coran enluminé
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Des chaussures pour pieds bandés – Chine
Les pieds étaient bandés pour les empêcher de grandir. La taille idéale des pieds d’une chinoise était de 8 cm, ils étaient alors jugés plus érotiques, plus grâcieux. Les parents bandaient les pieds des jeunes filles dès le plus jeune âge en espérant les marier avec des hommes fortunés.
Ces chaussures minuscules étaient donc bien destinées à des adultes! Cette tradition, emplie de souffrance, a été interdite en 1912.
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Statuette de Geicha – Japon
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Crâne d’ancêtre Ndambirkus, Indonésie (papouasie), première moitié du XXe siècle
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De l’Alaska à Haïti, il y des kilomètres et un sacré nombre de degrés de différences! Au delà des tenues vestimentaires évidemment différentes par leurs matériaux et leurs styles, on peut aussi remarquer la chaleur des couleurs des vêtements et des objets des caraïbes et le minimalisme et les couleurs beaucoup plus fades des objets du froid.
Tenue d’Inuit d’Alaska (en peau de phoque, si ma mémoire est bonne). Le peuple Inuit est un peuple autochtone du grand nord. Les Inuit sont les plus étendus de la planète puisque leur territoire s’étend de la côte de la Sibérie au Groenland en passant par l’Alaska. Pourtant, leur style de vie est assez similaire d’un endroit à l’autre et même leurs langues sont très proches.
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Cape de cérémonie, Hawaï
Cette cape est immense, elle est faite de milliers de plumes de passereaux (vivants sur cette île). Elle était portée par les chefs lors de cérémonies ou de situations risquées (comme les combats). Elle leur apportait protection. Il n’existe que 54 capes comme celle-ci, ce qui en fait une des pièces les plus précieuses du musée.
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Hochet à cloche, Haïti
Ce hochet nous vient de la fin du XXe siècle et est fait d’une calebasse, de perles de verre, de corde et de vertèbres de vipères. Sympa hein?!
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De tous temps et partout dans le monde, la fécondité est une notion très importante notamment parce qu’elle est vectrice de nouvelles générations, qu’elle permet à l’Homme de perdurer et aux dynasties de continuer d’exister. Pourtant, j’ai remarqué que beaucoup d’objets africains du musée avaient vocation à favoriser la fécondité ou simplement à la représenter.

Ces poupées (trouvées en afrique australe et orientale), par exemple, sont un symbole très fort puisqu’elles étaient fabriquées par les petites filles afin de les préparer à leur vie de future maman. En effet, elles devaient en prendre soin de leur enfance à leur première maternité. Ces poupées étaient souvent transmises au sein de la famille.
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Si les poupées sont clairement des objets ayant pour but de préparer la jeune fille au rôle de mère, certains objets revêtent juste une forme qui fait clairement penser à la gestation, un peu comme cette tabatière venue de Zambie (fin XIXe – début XXe).
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Ce jeu de 18 lamelles camerounais de la fin du XIXe, fait en écorce de palmier était pour la divination pour l’araignée terrestre.
En Afrique occidentale, Anasé est l’araignée qui a crée les premiers Hommes, le soleil, la lune, le soleil et les étoiles. Elle a donc une grande importance et ramène, encore une fois, à la vie.
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Casque gabonnais en fibres végétales, cuivre et verre

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Dans le quartier européen, on retrouve une grande emprunte religieuse (surtout de catholisisme) avec des représentations du Christ, des icônes mais aussi pas mal d’objets du quotidien comme des ustensiles de cuisine ou des petits meubles.

Petit coffre savoyard en épicéa, fin XVIIIe siècle
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D’ailleurs, il n’est pas rare de retrouver des objets de la vie quotidienne illustrés de scènes religieuses, comme ce moule à gâteau représentant Abraham sacrifiant Isaac.

Moule à gâteau Suisse du XIXe siècle.
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Tampon à beurre, Italie, XIXe siècle
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Charivari Kette, ornement de ceinture masculine bavaroise (Allemagne) XIXe siècle.
Cet instrument, presque de musique, était attaché à la ceinture et tient son nom de la coutume du charivari qui sanctionnait, par un fort bruit, les comportements inadéquats. Cet ornement était fièrement porté puisqu’il est fait en sorte de retranscrire l’histoire familiale. Le bruit qu’il fait rappelait aussi les obligations sociales de celui qui le portait.
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Pipe courbe, Berne (Suisse), XIXe siècle. Bois, corne, os et argent.

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En Océanie, de manière générale, la mort semble être vecteur de transmission de savoir. Pas mal d’objets reflètent l’importance des rituels pour accompagner les morts.

Bracelets et coiffes de deuil féminins australiens, milieu du XXe siècle.
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Statuette Tekoteko, Nouvelle Zélande, seconde moitié du XXe siècle.
Cette statuette était exposée dans la maison de réunion, elle servait de support à la transmission et au savoir. Les tatouages étaient très répandus et les gens de haut rang se faisaient tatouer toute leur vie pour inscrire leur généalogie et inscrire leur identité.

Je ne peux, évidemment, pas vous montrer la totalité des objets qui font ce musée. D’ailleurs, il y a des pièces immenses (je pense notamment à un totem africain ou encore un Buddha en pierre). J’espère simplement vous avoir donné envie de le visiter. Si vous passez par Genève, c’est pour moi un incontournable. D’ailleurs, j’ai toujours été fascinée par la sociologie, la manière dont les Hommes vivent et vivaient et ce genre de musée montre à la fois des objets de croyances, d’événements comme le mariage, les naissances ou la mort mais aussi du quotidien.

Ornements d’oreilles masculins, Polynésie française, début XXe siècle
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Couronne Ei Taomi Pare, coquillages et fibres végétales, Ile de la société, île du vent, Polynésie française, début XXe.
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Tapa d’Océanie
Les Tapa désignent des étoffes non tissées qui servaient un peu à tout : vêtements, voiles de bateau, masques ou même monnaie d’échange. Fabriquée à base de liber du mûrier à papier (fibre entre l’écorce externe et l’arbre si j’ai bien compris), la matière est mise à macération puis pressée à la main. Les différentes parties sont collées ensembles à l’aide d’une glue végétale.Les décorations sont faites à la main, à l’aide de pochoirs comme suit.
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Information utile
Pour retrouver le site du MEG, cliquez juste LA!

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French beauty blogger -

6 Comments

  • J’ai beaucoup aimé lire ton article et découvrir ce musée que je ne connais absolument pas ! Toutes tes photos sont sublimes
    Genève est à 1h30 de chez moi, je note ce musée pour ma prochaine escapade en Suisse !

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    • Je suis hyper contente que mon article t’ai plu et te remercie pour ton adorable compliment!

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  • Merci beaucoup de partager cette visite avec nous ! Ce sont tous de très beaux objets. Tes photos sont superbes, et les infos très intéressantes 😀

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  • Elle a l’air incroyable cette exposition, et hyper intéressante ! Tes photos sont très jolies en tout cas et transmettent beaucoup d’émotion je trouve, et elles donnent envie d’en voir plus 🙂

    ♥♥

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    • Si tu viens me voir un jour ici, on ira! T’es la bienvenue à la maison bichette 😉
      Ca serait drôle de se revoir, après Bruxelles, Genève…j’aimerais trop!

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